Bonsoir à vous,
"Je faisais des tests sur différentes huiles de broyage avec mon blanc de plomb (lin cuite, noix crue, noix cuite)."
Ma première question est la suivante : "Qu'appelez-vous "mon blanc de plomb" ?" Un blanc pigmentaire, certes, mais obtenu de quelle manière ?
"Or il s'avère que mes échantillons (et tout particulièrement à l'huile de noix crue) se sont mis à fortement jaunir dans l'heure (comme si on avait ajouté une bonne dose d'ocre jaune). Ce phénomène est réversible dans les 12h suivantes (la nuit essentiellement donc sans uv) et l'échantillon retrouve son blanc pur. Je n'ai pas observé ce phénomène lorsqu'après 12h de broyage..."
Vous voulez dire que vous avez broyé votre blanc pendant 12 heures ? Ai-je mal compris ?
"...on se sert de peinture sortant d'un tube : la réaction se produisant donc dans le tube durant ce laps de temps (le phénomène se produit bien en sorti du tube juste après broyage). J'ai essayé avec un autre batch de blanc de plomb et rien ne se produit. Le lot concerné par le phénomène avait été lavé à l'eau déminéralisée très chaude, ce que je ne fais plus."
Il faudrait que vous me décriviez plus précisément le (les) processus par lequel vous obtenez votre blanc.
"Je ne sais pas si vous avez une idée de la cause de la réaction chimique ? Si mon lot de blanc est utilisable ou non ? Je ne sais pas vraiment ce que cela fait à l'huile qui malgré tout retrouve sa blancheur... très curieux.."
"Aussi, je me permets de saisir l'occasion pour vous adresser 2-3 petites questions : savez-vous s'il y a une contre-indication à cuire une huile de noix crue qui avait été traitée à la chaux éteinte et à la craie (dans un objectif de conservation après démucilagination) ?"
A priori, non. Si l'huile est bien décantée, cela revient quasiment à cuire l'huile sans additif. Le fait d'avoir maintenu l'huile en présence de produits faisant office de tampon alcalin a tout simplement évité que celle-ci s'acidifie. Elle sera donc un peu moins réactive qu'une huile plus acide.
Je pense utiliser du papier marouflé sur panneau, préférant les supports assez lisses. J'ai parfois entendu dire qu'il y avait un risque de délamination du fait d'une accroche plus faible qu'avec du lin ou autre relief. Cependant, beaucoup de tableaux au Louvre sont ainsi battis. Donc je ne sais pas si c'est vrai, si vous en avez déjà entendu parler en conservation ?
Aucun problème si votre méthode de marouflage est performante. Evitez cependant de partir sur un support trop lisse. Une surface légèrement rugueuse favorise un accrochage mécanique.
"Enfin, une info que je ne trouve pas : finalement, quelle est la cause du noircissement du Radeau de la Méduse ? De nombreuses hypothèses ont été émises, mais je crois que c'est a priori une huile sur-lithargée ?"
Noircissement et, surtout, crevasses (au-delà de simples craquelures) ! On avance généralement l'usage du bitume. Il est vrai que ce produit a été fort en usage, en particulier durant la première moitié du XIXème siècle. Mais l'emploi d'huiles sursiccativées à la litharge est aussi fort probable. Ces deux causes combinées expliquent vraisemblablement les déboires de nombreux peintres à l'époque : Delacroix, Géricault, Prud'hon, Decamps, etc.
Bien cordialement,
Christian VIBERT
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