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Techniques de la peinture - Techniques de la peinture


actif  Sujet n° 6  medium copal

le 17/04/2014 - 22:29
par chris87

Anonyme

1 message

Bonsoir

Heureux de constater que l'Atelier des Sources se developpe.J'ai retrouve ,il y a qq mois,un flacon de Medium siccatif flamand de LB,vieux de 10 ou 15 ans,voir plus.Ce medium au copal etait tirant,permettait les superpositions ds le frais et siccativait rapidemment(couche fine passée le soir seche sous le doigt le lendemain matin  ) et malgre sa couleur un peu foncée donnait de belles et lumineuses transparences. Le flacon terminé ,j'ai utilisé celui en reserve ,bien plus recent,puis un troisieme ,encore plus jeune et je dus me rendre à l'evidence que ces derniers flacons n'avaient plus grand chose de commun avec le premier si ce n'est le nom et la presence de copal:exit le tirant ,la siccativite(et aussi leplomb ou les sels metalliques).Projetez vous de faire un medium à base de copal ou pour le moins de proposer une solution à base de copal pour faire le medium ?

Cordialement

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Réponse n° 1
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le 20/04/2014 - 09:48
par ChristianVIBERT

ChristianVIBERT

14 messages

Bonjour Monsieur LORAIN,


Petite précision : il ne s'agit pas de l'Atelier des Sources, mais de l'Atelier des Fontaines… Vous me direz, dans les deux cas, il est question d’apporter de l’eau au moulin… ce à quoi je m’emploie quotidiennement en œuvrant sur ce site.


Plus sérieusement, Lefranc a effectivement modifié nombre de ses produits depuis leur mise sur le marché, à commencer par ceux mis au point par J. G. Vibert : le médium incolore, et les vernis à retoucher et final, tous commercialisés sous son nom. Originellement à base de résine dammar modifiée, ils sont dorénavant composés à partir de résines de synthèse acrylique et/ou cétonique. Un peu plus proche de nous, les produits proposés par Xavier de Langlais ont aussi subi des évolutions, par exemple le médium à l'œuf : l’huile et la résine d'origine ont toutes deux été substituées. On a quand même conservé l'œuf !... Après tout, chaque fabricant est, a priori, libre de modifier ses recettes. Ce qui est, à mon sens, moins défendable, c'est d’avoir conservé aux produits en question une appellation identique. On pourrait presque parler de tromperie sur le produit... Il aurait été mieux venu, me semble-t-il, de signaler leur fin de fabrication et leur remplacement par des produits autres. Mais, quand on a réussi à donner naissance à un marché, il est effectivement délicat de risquer de le perdre… La question de fond à se poser est le pourquoi de ces modifications. Les réponses sont multiples et l’intérêt des peintres n’est, malheureusement, pas toujours en première ligne.


Il en est de même des médiums et vernis qui, à l'origine, étaient basés sur le copal. Il est d'ailleurs tristement comique de constater la permanence du succès des recettes de Xavier de Langlais auprès de nombre de peintres quand on sait que les produits à partir desquels il les avait mises au point n'ont plus de réalité que par leur appellation. Ainsi en est-il du fameux "Siccatif de Harlem Durozier" tellement vanté par cet auteur. Dans les faits, il n'existe plus depuis 20 ou 25 ans. Le copal de Madagascar, l'un des plus durs, a été remplacé à la fin des années 80 par une résine formo-phénolique.


J'ai donc constaté les mêmes évolutions que vous. Ainsi, j'ai la chance d’avoir encore à ma disposition un reste de l'ancienne version de ce produit, preuve d’ailleurs de son excellente conservation. Je l’utilise avec bonheur, mais avec parcimonie. Ce médium est, en effet, relativement pâle, bien que basé sur le copal de Madagascar, résine qui ne fond qu'à très haute température. Il siccative merveilleusement, donne de superbes transparences, un brillant incomparable et une matière remarquablement résistante. J'ai pu le comparer avec sa version récente à la résine formo-phénolique dont les caractéristiques sont effectivement bien différentes. De coloration brun-doré et non plus rouge, plus pâle, mais beaucoup plus liquide, il ne possède ni son onctuosité, ni, surtout, son tirant. A mon avis, sa concentration en huile et résine est beaucoup plus faible. Question d’économie sur le coût de production ? Anticipation sur le fait que la plupart des peintres le diluait avant emploi ? Sa prise est aussi nettement moins rapide. Il a donc perdu une grande part de ce qui le différenciait des médiums liquides classiques préparés à froid.


Je me sers moins régulièrement de l'ancien siccatif flamand, très nettement plus foncé, commercialisé dorénavant sous l'appellation de "Médium siccatif flamand" dont je possède également encore un grand flacon. Mais je veux bien croire que sa version plus récente, que je n’ai pas encore eu le loisir d’essayer, ne vous donne pas pleinement satisfaction. Il semble quand même qu'elle contienne encore du copal, elle ! Cependant, d'après les informations les plus récentes que j'ai pu obtenir auprès de Lefranc, une proportion importante d'huile crue lui a été adjointe, ce qui est effectivement un comble pour un produit dont le principe est d’être travaillé dans une huile chauffée à haute température ! Par ailleurs, une telle adjonction n'a que fort peu d'intérêt pour un médium qui, comme tel, se doit d’apporter à la pâte des éléments autres que le liant huileux basique qui a servi au broyage des pigments. Cet apport pourrait donc expliquer, entre autres, le tirant plus faible et la prise moins rapide du produit que vous avez constatés. Quant à la nature des siccatifs utilisés, non mentionnée, il s’agit vraisemblablement de composés métalliques à base de zirconium et de cobalt destinés à compenser la perte de siccativité engendrée par l’apport d’huile crue.

 

Il est effectivement dans mon intention de proposer, d’ici quelque temps, des vernis au copal et, dans un premier temps, des médiums intégrant une part de copal. Mais, si mes derniers essais se montrent intéressants menés à petite échelle et pour mon usage personnel, pour envisager une production un peu plus intensive, quoique artisanale, il est nécessaire que je fasse l'acquisition d'un matériel plus sophistiqué. En l’état, le coût de production serait prohibitif. Ce n'est donc pas encore d’actualité. Indépendamment du temps nécessaire à la mise en place de la production, car je suis lancé sur d’autres chantiers, le nerf de la guerre reste les finances. C'est pourquoi j'ai annoncé la page sur le site, mais je ne lui ai pas encore donné de contenu. Affaire à suivre, donc...

 

Cordialement,

 

Christian VIBERT

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Réponse n° 3
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le 27/04/2014 - 21:59
par chris87

Anonyme

3 messages

Bonsoir Mr Vibert

En ce qui concerne les copals tendres(manille...),sachant que l'on peut les dissoudre à froid(essence de lavande,de romarin,diacetone d'alcool...)est il envisageable pour un simple peintre de produire un medium de qualite ...suffisante ?...  ou/et puis je partir d'un vernis au copal pour composer mon medium ?et est ce que   le soutien technique de l'ATP à ses adherents englobe cette problematique,à savoir  guider le peintre,le conseiller dans l'elaboration de son propre medium  ?Je parle regulierement de vos mediums flamands avec des peintres (notamment en trompe l'oeil ) qui aiment bcp vos produits,tt comme moi  mais j'ai besoin( pour mieux connaitre ce fameux metier perdu des peintres et pour gagner en autonomie ) de pouvoir  realiser mon propre medium.

Cordialement

Christophe Lorain

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Réponse n° 4
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le 28/04/2014 - 09:44
par ChristianVIBERT

ChristianVIBERT

1 message

Bonjour Monsieur LORAIN,

Effectivement, le copal de Manille peut se dissoudre à froid dans un solvant plus agressif que l'essence de térébenthine. L'alcool est exclu car incompatible avec la technique à l'huile. L'essence d'aspic convient. Cependant, il n'est pas possible d'obtenir un vernis très concentré. En effet, la concentration maximale de résine en fonction de ce solvant est vite atteinte. D'où le fait qu'en ajoutant ce vernis à votre huile, vous y introduisez aussi une quantité notable de diluant. Il faut en tenir compte dans le médium obtenu.

Par ailleurs, l'essence d'aspic étant un solvant à évaporation lente, vous n'aurez pas à disposition un médium à prise rapide. Attention aussi à son agressivité pour les dessous. Ceux-ci doivent être bien secs, sinon, il y a un risque de redissolution.

Sous la brosse, la sensation est très proche de celle ressentie avec un vernis dammar. La coloration du vernis est un peu plus soutenue. La pâte acquiert une dureté légèrement supérieure et sa tenue à l'humidité est meilleure. Comme avec le dammar, le brillant est accentué.

Ce vernis n'est pas comparable avec ceux obtenus avec un copal dur, mais c'est à essayer.

L'adhésion à l'association ATP peut, effectivement, vous permettre d'obtenir, dans certaines limites,  un soutien technique. C'est sa vocation.

 

Cordialement,

 

Christian VIBERT

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Réponse n° 5
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le 11/12/2015 - 11:31
par Deygout

Anonyme

visiteur

Bonjour Messieurs,


C'est avec une attention soutenue que j'ai lu vos articles concernant la résine copal. Ce qui m' intéresse au plus haut point, car en 1977 j'ai voyagé hors sentiers battus en Amérique Centrale, et surtout longuement dans la péninsule du Yucatan. J' ai eu la chance de regarder, voir et toucher des anciennes fresques Mayas, peintes sous des voutes à encorbellement. Rares vestiges, constituées de pigments liés avec une gomme et de la résine copal qui était si précieuse qu' elle était sacrée. Interrogations sans réponses sur la technique mise en oeuvre. Etant ébéniste d' art, j' ai une petite connaissance des teintes à chaud, et j' ai pensé que ces peintures, vu le rendu, avaient été peintes, en partie avec des apprêts et peintures chauffées sur un feu mort ou au bain-marie. De retour j'ai essayé et j'ai polychromé une sculpture en pierre. Résultat presque satisfaisant. Depuis, vu que j'ai en mémoire le rendu de certaines peintures ou fresques, je suis attiré par l'adjonction de copal dans la peinture. Je me sers couramment du vernis copal en finition de certaines parties à vernir sur des meubles haute époque en marquetterie. Je le teinte souvent, pour donner des patines ponctuelles. En observant certains tableaux anciens, il me semble que certains glacis, ou couches de glacis, sont tirés de ce processus. Je cherche toujours... Mais les vernis copal que j'utilise, aussi pour restaurer des meubles en laque détériorés, est tout le temps dilué à l' alcool. Comme les vernis dits au tampon à base gomme laque dissoute dans l'alcool à vernir. Ces vernis sont faits à saturation, à froid, et j'en ai déja fait plusieurs  litres. Donc une grande concentration, et ce qui fait des vernis très secs. Il serait intéressant de trouver un moyen d'incorpeorer ce vernis à de la peinture à l'huile ... Là, je ne savais pas que des médiums au copal existaient tout faits. Mais il y a peut être une voie à explorer en ce sens, car les peintures pré-hispaniques que j' ai observées, semblaient bien très fortement chargées en copal, peut être même broyée avec du copal. C' est juste une toute petite observation que je me permets de signaler, car si nous pouvons aller toujours plus loin dans nos techniques, et bien cherchons  et avançons !

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Réponse n° 6
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le 13/11/2016 - 08:37
par ChristianVIBERT

ChristianVIBERT

4 messages

Bonjour Monsieur Vibert,

Bonjour à vous,

Je ne vous nomme pas. Certains internautes étant froissés de voir leur nom figurer sur un forum... Personnellement, je trouve cela plus convivial, mais c'est ainsi. Pourrait-on dire qu'il existe parfois une certaine phobie concernant la protection de la vie privée ? Je ne sais...

Comme suite à votre mail, entrons dans le vif du sujet.

En furetant sur le net à la recherche de précisions concernant l'emploi du médium à l'oeuf de Xavier de Langlais, je suis tombé par hasard sur votre site que je ne connaissais pas et là très mauvaise surprise. Je viens de tomber sur un post du forum où il est question de la qualité des siccatifs de Harlem et Flamand commercialisés par Lefranc-Bourgeois et voila que j'apprends que leur composition actuelle n'est en rien comparable aux produits d'il y a 20-25 ans. Les résines synthétiques ont remplacé les résines naturelles et n'ont plus les mêmes caractéristiques que par le passé. J'en suis mortifié !! Je me sens arnaqué !!

Je vous comprends parfaitement. J'ai eu la même réaction que vous quand j'ai fait ce constat, et il ne date pas d'hier ! Je trouverais honnête que les entreprises concernées, si elles ne désirent pas changer l'appellation du produit (pour des raisons commerciales), au moins indiquent clairement qu'il y a eu changement, par exemple par une mention entre parenthèses du type "imitation", "nouvelle version", "version modifiée" ou, pourquoi pas, "version améliorée"... si amélioration il y a eu. Mais il faut fouiller dans les descriptifs techniques (souvent fort succincts) ou se renseigner directement auprès de leur laboratoire (quand il accepte de répondre) pour avoir ce type d'information.

Je prépare mon médium moi-même et ces deux produits entrent dans sa composition

D'après votre description, je suppose que vous travaillez d'après les recettes de Xavier de Langlais.

et maintenant que j'apprends que j'utilise à mon insu des produits différents, me voila bien embêté. Alors question: où pourrais-je trouver ces deux produits (siccatif Flamand et de Harlem) dans une qualité comparable à celle d'origine ?

Vous ne les trouverez plus ! Lefranc ne les fabrique plus et quasiment plus aucune compagnie ne compose non plus des médiums aux copals durs. En cause : la raréfaction des gisements fossiles, d'une part, et la difficulté d'approvisionnement, d'autre part, les zones de récolte étant situées dans des pays soumis à des tensions politiques graves.

Une nuance cependant : si le siccatif de Harlem Durozier a bel et bien disparu, le copal ayant été remplacé par de la résine formo-phénolique, le siccatif flamand en version liquide, actuellement nommé "médium siccatif flamand", est toujours commercialisé, et (heureuse information !) il contient encore du véritable copal dur de Madagascar. Pour combien de temps ? Je ne sais, mais Lefranc le met encore à disposition. La première différence par rapport à la version originelle tient au fait qu'il est beaucoup moins concentré. Sa fluidité montre à l'évidence qu'il est abondamment dilué. La seconde : il contient dorénavant des oxydes métalliques siccativants, ce qui n'était pas le cas autrefois.

Ou par quoi pourrais-je les remplacer s'il m'est impossible de m'en procurer ?

Je peux vous proposer ce même produit commercialisé par l'intermédiaire de la Coopérative liée à l'Association "ATP - Art et Techniques de la Peinture". Vous le trouverez sur cette page : http://www.atelier-des-fontaines.com/christian-vibert/articles.php?lng=fr&pg=222
et à un prix inférieur à celui du commerce.

J'ai vu sur votre site l'éventail des produits que vous proposez, mais hélas ces deux siccatifs n'y figurent pas.

Par contre, vous trouverez un éventail de médiums qui peuvent être éventuellement associés à ce médium copal, et dont les caractéristiques sont tout à fait exceptionnelles. J'ai moi-même, autrefois, utilisé les recettes de de Langlais. Les médiums gélifiés sont autrement intéressants sur le plan de la facilité de manipulation et sur les résultats obtenus. Je me sers dorénavant du copal essentiellement de manière à durcir le film pictural. Mais l'essentiel des effets est obtenu par le moyen des médiums huiles cuites/résine mastic.

Bien cordialement,

Christian VIBERT

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